La Saint-Valentin, une histoire d’amour… mais pas seulement !

Ce samedi, on les voit partout : les amoureux qui défilent un bouquet à la main, les amoureuses qui glissent un petit cadeau emballé de rouge dans leur sac, les couples qui se rendent ensemble au restaurant pour passer la soirée à se dévorer des yeux… Pourtant, la Saint-Valentin n’a pas toujours eu cet air-là, bien au contraire ! Alors, comment c’était, avant ?

L'histoire de la st-valentin

Aujourd’hui, c’est la St-Valentin… Un peu d’histoire s’impose !

Une coutume païenne

Dans l’Antiquité grecque et romaine, le milieu du mois de février se voyait souvent associé à la fécondité. Ainsi, dans la Rome antique, le 15 février était le jour des Lupercales : on célébrait ce jour-là la fête de Lupercus (aussi appelé Faunus), le dieu de la fécondité. À la mode antique, ces fêtes étaient régulièrement sanglantes : les prêtres sacrifiaient ainsi au dieu une chèvre (pour la fertilité) et un chien (pour la purification) dans une grotte au pied du mont Palatin. Ils découpaient ensuite la peau de la chèvre en lanières, puis se mettaient à parcourir la ville pour frapper (gentiment, paraît-il) les femmes et les champs avec ces lambeaux de peau, supposés rendre les unes et les autres fertiles. On est encore loin du bouquet de fleurs et du dîner aux chandelles !

Puis arriva l’Église catholique…

… et Valentin de Terni, l’un des premiers moines qui, selon la légende, organisait en secret des mariages chrétiens ; secrets car, au 3e siècle, l’Empire Romain n’était pas encore converti au christianisme. Ces célébrations ne restèrent cependant pas secrètes longtemps, puisque l’empereur Claude II ordonna l’arrestation de Valentin et le fit jeter en prison. Là-bas, le moine sympathisa avec la fille aveugle de son geôlier, et eut la mauvaise idée de lui rendre la vue. L’empereur, de toute évidence pas vraiment adepte des miracles, décida alors carrément de le faire décapiter. On ne la lui fait pas, à Claude !

Après la conversion de l’empire au christianisme, Valentin revint – littéralement – en odeur de sainteté, et au 5e siècle le pape Gélase Ier décida de remplacer officiellement les fêtes païennes des Lupercales, qui n’avaient que trop duré, par le jour de la Saint-Valentin, plus conforme à ses goûts pieux. À cette époque, il s’agissait donc toujours de célébrer un saint et un martyr, et pas de s’offrir des chocolats (qu’il faudrait encore attendre mille ans avant de découvrir) : décidément, l’Histoire n’en finit pas de traîner !

Malgré les efforts du pape, la mi-février resta cependant longtemps associée à des fêtes païennes, qui étaient l’occasion pour les jeunes filles et les jeunes garçons de créer des couples : les filles se cachaient dans les bois autour du village et les garçons étaient encouragés à se lancer à leur poursuite. Chacun était alors invité à former un couple avec la fille qu’il trouvait et, pourquoi pas, à se marier avec elle. Voilà une manière fort pragmatique (et efficace !) de trouver sa promise… mais l’Histoire ne nous dit pas ce qu’en pensaient les couples ainsi formés.

La fin du Moyen Âge et les débuts de la Saint-Valentin des amoureux

Le jour de la Saint-Valentin commença à être associé à une journée romantique dans l’Angleterre du 14e siècle : c’était l’occasion pour les amoureux de s’échanger des billets doux. Il semble que cette tradition se soit fixée au milieu du mois de février car il s’agissait du début de la saison des amours chez les oiseaux… C’était donc l’occasion pour les amoureux de roucouler eux aussi ! Cette tradition s’exporta jusqu’à la cour de France, où Charles d’Orléans lui-même écrivit des poèmes sur le sujet.

C’est en 1496, en réponse à cette célébration déjà répandue, que le pape Alexandre VI consacra (enfin…) Saint-Valentin le saint-patron des amoureux. (Pour l’anecdote, c’est aussi le saint-patron des apiculteurs et des épileptiques !)

Mais ce n’est qu’au 19e siècle, et plus fortement encore au début du 20e siècle, que la fête de la Saint-Valentin commence à prendre la forme qu’elle a aujourd’hui. En effet, dès le début des années 1900, la démocratisation de la poste et l’apparition des cartes postales imprimées facilitèrent grandement l’envoi de billets doux (à quoi ça tient, une fête, quand on y pense !). Si, en France, l’envoi de cartes postales n’est plus un aspect important de cette fête, c’est une tradition encore bien présente aujourd’hui dans les pays anglo-saxons : on estime en effet qu’un milliard (!) de cartes sont envoyées chaque année à cette occasion.

Aujourd’hui : la Saint-Valentin dans le monde

On sait à quoi tout cela a mené chez nous : un échange de cadeaux, de fleurs et de mots doux entre deux personnes qui s’aiment, une soirée intime et l’occasion de consacrer du temps à son couple. Mais la Saint-Valentin n’est pas la même partout !

Ainsi, par exemple, la date du 14 février n’est pas gravée dans le marbre (notez d’ailleurs que, depuis les années 1960, ce sont les Saints Cyrille et Méthode qui sont officiellement fêtés le 14 février). Bien qu’une bonne partie du monde occidental réserve cette journée à la célébration de l’amour, certains pays conservent d’autres traditions. Le Brésil, par exemple, fête les amoureux le 12 juin, tandis qu’en Colombie il faut attendre jusqu’au troisième samedi de septembre.

Mais les traditions divergent elles aussi. En France, c’est la fête des amoureux, mais en Grande-Bretagne et aux États-Unis, cette fête s’étend à toutes les personnes que l’on apprécie : famille, amis, tout le monde a droit à sa petite carte, même la maîtresse d’école des enfants. Avec parfois plus d’une dizaine de cartes postales par personne, les Anglo-Saxons sont vraiment les rois de la Saint-Valentin !

Au Pays de Galles, ce sont des cuillères en bois sculptées que l’on offre. Les Scandinaves, eux, écrivent des poèmes d’amour à la femme qu’ils convoitent. Enfin, au Japon, ce sont les femmes, et seulement elles, qui offrent des chocolats aux hommes de leur entourage : il existe un type de chocolat par type de relation (professionnelle, amicale ou amoureuse). Les hommes sont quant à eux invités à répondre le 14 mars en offrant à leur tour des chocolats (blancs !) aux femmes qui les ont gâtés le 14 février. Si un cadeau reste sans retour, il y a de bonnes raisons d’être vexée…

La Saint-Valentin prend donc de multiples visages. La bonne nouvelle, c’est qu’il est toujours question de faire plaisir aux gens qu’on aime. Alors, si cette année vous êtes célibataire, profitez de la fête pour écrire à vos amis ou passer du temps en famille, et (quelle chance !) vous tenir à l’écart des chocolatiers et des fleuristes. Et si vous êtes en couple, passez du temps avec votre chéri(e), mais n’oubliez pas : cela ne vous dispense pas d’avoir des attentions le reste de l’année !

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